AVOCATS 2.0

Ciceron maître de l'intelligence artificielle?

Si Cicéron pouvait nous aider à imaginer les chemins de la sagesse face aux progrès de l’intelligence artificielle ? A propos de :

 

 

L’intelligence artificielle n’est que le simulacre de notre intelligence ; elle en est un ersatz. Nul ne sait, nul ne peut affirmer, nul ne peut garantir quand elle atteindra ce qu’il est convenu d’appeler la singularité technologique, ce stade où la machine égalerait l’homme pour le dominer, pour lui échapper.

 

Dans cette affaire la seule question qui vaille est celle de la maîtrise. Inverser le sens de la maîtrise. Refuser la domination de l’homme par la machine. Revendiquer son exact inverse.

 

Tous les progrès, les algorithmes, les datas, les réseaux ne sont que des instruments. Des instruments créés par l’homme. Derrière le mythe de l’intelligence artificielle se cache la fascination de l’homme pour la domination. Plutôt que d’entretenir la crainte, la peur, qui sont des défauts de la nature humaine, nourris d’inquiétude et d’angoisse c’est-à-dire des maladies de l’âme telles que les décrit Cicéron, avec courage, cette vertu décortiquée et magnifiée par les analyses du grand philosophe et avocat romain, nous devons affronter notre destin, notre existence pour être et, s’agissant de la justice, pour participer activement à son œuvre.

 

Nous sommes une fois encore aveuglés par la technologie et la puissance qu’elle nous donne qui nous permet de manœuvrer la nature, comme nos concitoyens. Cette histoire est vieille comme le monde.

 

Malgré tout ce que nous pouvons penser, et ce que l’on nous donne à croire, il n’y a rien de nouveau dans les défis que nous lance l’intelligence artificielle que nous avons créée de nos propres cerveaux.

 

Même si l’accélération et la sophistication des moyens mis en œuvre ont de quoi provoquer l’affolement, la panique et le renoncement, l’outil ne peut pas créer une situation irréversible pour l’homme, sauf pour celui-ci à renoncer…

 

Notre vie sociale et politique n’a de sens que si l’homme reste en son centre, s’il recherche son bien et de ce qui est juste pour lui. Ce bien et cette justice ne peuvent être arbitrés de manière automatique ou mathématique. Ils sont irréductibles au calcul.

 

Voilà pourquoi au-delà de tous les aspects purement techniques du travail que nous devons entreprendre dans cette aventure aux allures de gageure, il nous appartient de replonger notre esprit et notre intelligence dans ce qui fait la sagesse, elle qui est l’objet de la philosophie.

 

Rien de ce qui est humain ne nous est étranger. Or tout ce qui est humain est étranger à la technique.

 

Ces réflexions me sont venues après la lecture d’un petit livre aux allures de chef-d’œuvre. Un dialogue défiant le temps et faisant revivre cet immense avocat que fut Cicéron, un homme aux mille talents dont les leçons sont aussi actuelles qu’éternelles. Ce petit livre a été écrit par notre confrère Jacques Trémolet de Villers. Je vous invite à le lire, lui qui vous invite en conclusion de sa méditation, à relire Cicéron…

 

Et si Cicéron et la sagesse à laquelle il nous invite détenaient les clés pour relever le défi que nous nous sommes lancés ?

 



20/05/2018
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