AVOCATS 2.0

AVOCATS 2.0

Défendre la cause des avocats?

Et si l’avocat était irremplaçable ?  Bien sûr, je prêche pour ma paroisse… mais elle est belle.

 

À l’heure où nous nous interrogeons sur son possible remplacement par une machine intelligente, je écouvre le livre écrit par un de mes confrères Loïc TERTRAIS ; un avocat breton qui s’est lancé dans l’écriture d’un livre atypique.

L’homme a des convictions que je partage. Son livre est inspiré par une passion qu’un certain nombre d’avocats partagent encore. Cette passion ne peut trouver sa source que dans celle de la justice et dans une certaine conception de l’amour.

 

Ce livre tombe à point nommé. « Défends ma cause » ! Notre confrère nous fait partager l'état de l’avocat au plein sens du terme. Ce livre est la confession d’une singulière rencontre entre un avocat habité par sa mission et le monde qui l’entoure, les clients, les adversaires, les confrères, les experts, les juges voir même les journalistes. Pénétrante confession, accompagnée d’une analyse aiguisée, exigente.

 

Comme son préfacier le souligne son livre n’est pas une démonstration intellectuelle. Il ne convoque pas les grands principes au soutien de ses analyses, qui sont des sortes de paraboles. Il s’agit d’un témoignage, comme il l’explique d’ailleurs dans son livre même si sur ce point je ne suis pas totalement d’accord avec lui car dans le procès l’avocat n’est pas un témoin ; en tous les cas il est beaucoup plus qu’un témoin.

 

Il évoque certains sujets particulièrement profonds de manière allègre, incidente mais très éclairante comme par exemple la réforme du droit des obligations et la disparition de la cause ou la théorie des droits de l’homme.

 

Il nous parle de cas, de choses vécues, d’exemples, d’incidents, de procès et met le doigt sur ce qui ne va pas, et pour reprendre le jargon moderne, sur ce qui dysfonctionne. Sans qu’à aucun moment on ait le sentiment que l’auteur juge, nombre d’entre nous en prennent néanmoins pour leur grade… ; dans la mesure où ils perdent de vue l’humanisme, la justice et au fond ce qui doit animer l’action de chacun dans l’accomplissement de sa mission, c’est-à-dire l’amour. Cette perspective est profondément chrétienne ; et Loïc TERTRAIS rejoint ainsi cette idée que défendre c’est être chrétien, c’est faire du christianisme en acte ; ce qui ne signifie pas que seuls les chrétiens peuvent être bons avocats, loin s’en faut !....

 

Ce livre m’a intéressé d’un autre point de vue, car il constitue un élément de réponse à la question centrale que je me pose et sur laquelle je travaille depuis l’achèvement de mon livre sur l’avocat face à l’intelligence artificielle. Comment redonner à l’humanisme toute sa place dans le fonctionnement de l’institution judiciaire transformée par le numérique et les outils de l’intelligence artificielle ? Cet humanisme sans lequel elle ne sera plus qu’un fonctionnement numérique, codé, artificiel et donc dangereux, parce que manipulable, comme Antoine GARAPON le démontre dans son dernier livre « Justice digitale ».

 

La réponse nécessite d'abord de retrouver le sens véritable du droit dont l'objet ne peut être que le Justice!

 

Mais elle est aussi dans l’affirmation inébranlable de la substance purement humaine des liens dont les ruptures sont à l’origine d’injustices que l’institution judiciaire doit réparer. Bien sûr qu’il va falloir trouver des solutions techniques, intellectuelles, rationnelles, mais il va aussi et surtout falloir d’abord que les acteurs retrouvent le sens de l’humain c’est-à-dire de ce qui est irréductible aux codes et au numérique. C’est le réel et notre aptitude à le transfigurer, d’où l’appel aux poètes et aux écrivains, qui nous en donneront les moyens. « Défends ma cause » est un très bon guide pour suivre ce chemin exigent et ardu.

 

A lire et à faire lire….

 



08/07/2018
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